Conférence publique par Mark Angéli vigneron-paysan - Courants d'Arts

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Conférence publique par Mark Angéli vigneron-paysan

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Samedi 11 avril 2015
Salle des fêtes de Pierrefitte-sur-Loire
Conférence : Le monde du vin, réalités et mensonges

MARK ANGELI
Viticulteur biodynamiste
en Val-de-Loire
En partenariat avec Cistudes & Compagnie
Cistudes & Compagnie
Visualisez une vidéo de Mark Angéli en cliquant sur ce lien : http://www.dailymotion.com/video/x1q8sx_mark-angeli-viticulteur-en-biodynam_news

Qui est Mark Angéli ?  lisez l'extrait d' un article d'Elisabeth Poulain

On ne présente plus Mark Angéli. C’est certainement le seul vigneron qui revendique sa qualité de paysan, de vrai paysan. 
Son domaine est une ferme. C’est celle de la Sansonnière à Thouarcé en Anjou. Comme tout paysan, il a un cheval, des poules, du carthame dont il fait de l’huile, des vaches pour produire son lait, des pommes pour en extraire le jus et du blé pour faire son pain.

Sa ferme est située stratégiquement au bas du coteau où il travaille sa vigne en biodynamie. Des vins qui ne revendiquent plus depuis 2006 aucune appartenance à une appellation. Bonnezeaux est pourtant tout proche et le plus célèbre vin de Mark Angéli, son Coteau du Houet, est situé dans l’aire de cette appellation. Mais l’huile comme ses vins n’ont d’autres composants que ceux qui figurent sur l’étiquette. Il donne des informations qu’il estime, lui, indispensable à l’amateur de vin. Ce qu’il veut, c’est montrer la profonde cohérence entre un terroir connu depuis des millénaires, des cépages adaptés qui se sont comme choisis avec la parcelle et le travail de l’homme, qu’il est, si profondément attaché à exprimer le plus sincèrement possible, le plus humainement ce que la terre peut dire quand elle est aimée, préservée, chouchoutée…Cette précision est une forme d’affirmation de son engagement de vie.
Son mentor en biodynamie à son arrivée et son voisin maintenant s’appelle Nicolas Joly (Coulée de Serrant). Mark Angéli, quant à lui, dans son ouvrage « Les raisins de la colère », exprime sa profonde inquiétude pour le devenir de la planète. On ne peut plus dire maintenant qu’on ne savait pas. On sait très bien ce qu’il en est des effets des pesticides et des herbicides à tous les niveaux. On ne peut séparer ce qui est un et toucher à l’équilibre profond de la relation entre l’homme et l’univers. C’est bien cette conscience du danger qui l’a poussé à sortir de l’appellation alors même qu’il est profondément convaincu de la justesse du concept. 
Ce sont les moines en Bourgogne au XV siècle qui, après avoir goûté la terre mélangée à de l’eau, ont conçu la notion d’appellation. Les appellations étaient basées au départ (en 1935) sur des rendements naturels de 30 hl/ha et l’interdiction des désherbants et de la chaptalisation. Depuis, on a tué le sol. Et on continue à la faire comme le montre l’enquête menée au plan européen sur les pesticides contenus dans 40 vins issus de l’agriculture conventionnelle. Le niveau de contamination est élevé, nettement plus que ce qui est admis pour l’eau. Il y a urgence.

Les façons de Mark Angéli de travailler la terre, de tailler la vigne et de vinifier vont de pair avec une véritable exigence de transmission du savoir. Faire, dire et former, sans hiatus de cohérence, sont ses paramètres de vie. S’il s’affirme solidaire, c’est avec des jeunes originaires de France qui s’installent. Pour eux, il trouve le temps, qui n’est jamais aussi grand qu’il le voudrait pour les guider pas à pas, geste après geste pendant deux ans, le temps d’apprendre à faire du vin et, pour cela, à percevoir l’harmonie entre la terre, le temps et l’homme dans cette relation entre la vigne, le vin et soi. C’est aussi pour ces jeunes vignerons que Mark Angéli a écrit « Les raisins de la colère ». Pour les amateurs de vin et aussi pour lui. Ce n’est pas un hasard si Mark Angéli a employé le mot de colère. C’est pour lui un moteur d’action, sécateur en main ou stylo à la main, mais toujours avec le souci d’être vrai, de s’engager et de ne pas jouer à faire semblant.

Maintenant qu’il a quitté le système des AOC , son souffle se fait encore plus ample et plus profond: « Je me sens libre. Je n’ai plus de contraintes. En plus, je ne suis plus obligé de subir l’agrément. Cet agrément qui a été refusé au vin de ma plus belle parcelle qui fait mon meilleur blanc en Chenin par exemple. C’est difficile à accepter. La réforme de toutes les façons porte sur la propreté et la normalisation du matériel. Elle a pour objectif de faire apparaître l’ AOC « sanitairement » acceptable. Et le grand vin là-dedans ? Avoir un chai rutilant, ce n’est pas ce qu’on attend d’un grand vin ».
Chercher à ressembler aux autres par la publicité ou la normalisation, c’est pourtant tout le contraire de l’esprit de l’appellation. Mark Angéli fait l’inverse pour retrouver l’essence de ce que la terre peut exprimer dans une vraie démarche d’appellation, celle de l’origine. Cette prise de position, qui pourrait sembler singulière et isolée, est au contraire complètement comprise d’emblée par ses distributeurs qu’ils soient français et étrangers.

Dernière mise à jour le : samedi 08 juin 2019
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